24.10.2007

Jamais le second rôle

On a ri ensemble, pendant des heures, autour d'un repas en plein soleil. Puis à deux pas de là, à une autre terrasse, devant un puis deux puis trois verres.
Il trouvait que pour un premier rendez-vous, j'aurais pu mettre un pantalon, afin qu'il puisse mieux ajuger de mon anatomie. Mais en contre-jour, il appréciait tout de même ma jupe en lin. Il faisait chaud.
 
Il m'a raconté son voyage en Chine, tous frais payés, dans un hôtel de grand luxe. Pour son travail.  Car il est chef d'entreprise.
 
Bien sûr, on s'était croisés sur un site de rencontres.
Je savais qu'il était marié. Père de deux enfants. On a même pas mal parlé de son couple, d'elle et d'eux.
 
Il cherchait une maîtresse, quelqu'un à qui il puisse parler, passer des moments de tendresse sans engagement. Il était drôle, généreux, et bon sang, ce qu'il avait une belle bagnole ! Un coupé décapotable Merc*des, noir luisant comme un obus. 
J'aime assez les belles bagnoles.
  
Mais il avait cette petite pellicule de sueur à la racine des cheveux, pas très fournis. Un peu plus petit que moi, mais à l'horizontal, ça ne se voit pas. Un peu plus jeune que moi, mais 5 ans est-ce que ça compte ?
Seulement sa peau ne me faisait pas envie.
 
Il a proposé l'hôtel, là tout de suite. Je n'aime pas l'hypocrisie. Rien que pour ça, j'ai hésité, failli accepter, pour récompenser cette franchise.
 
Mais finalement, je n'ai pas dit oui.
 
On s'est quittés alors que le soleil déclinait, dans la moiteur du plein été.
 
Quelques discussions virtuelles plus tard, j'avais toujours du plaisir à lui parler, à avoir de ses nouvelles, mais je refusais de devenir son repos du guerrier.
Nous avons résolu de couper le contact.
 
Dommage, s'il n'avait pas été un homme, on aurait pu être amis, on avait beaucoup en commun. Sauf le sexe.
 
En plus, je ne me voyais pas dans le rôle de la maîtresse. 
© Australe
 

23.10.2007

Allumez donc les illustres

Il avait une voix si sexy, au téléphone. Je me dorais les oreilles dans sa voix et dans ses rires. Il venait de quitter sa femme, ou plutôt, elle venait de tourner les talons avec leur jeune fils, après lui avoir demandé s'il pouvait lui laisser la maison pour la soirée, à elle et son amant.
Libéral ? oui. Mais y'a des limites. Il a refusé.
Donc, ç'a été la fin.
Oh, c'était tout frais, à peine un mois et demi. Mais il avait créé sa fiche sur un site le lendemain de son départ.
Ce que j'ai aimé notre premier contact au téléphone. C'était si bon, si gai. Il disait qu'il n'était pas bricoleur, je me lamentais pour de faux.
On s'est rencontrés, et après quelques contre-temps, on est devenus amants.
J'ai aimé ça. J'ai aimé son parfum, et par-dessus tout traquer l'enfant qui transparaissait en lui, sous certains angles, dans un regard, un geste, un enthousiasme. Oui, j'avais beaucoup de sentiments pour lui.
Puis, il y avait ses paradoxes. Il disait que je ne correspondais pas à son type de femme, mais il m'appelait tous les soirs pendant des heures, et on multipliait les SMS, et il me parlait de son fils.
Mais il parlait aussi libertinage, et évoquait d'autres femmes. Qu'il voyait, enfin, pas depuis quelques temps. Trop occupé. Mais moi aussi, je voyais d'autres hommes, il le savait. 
On passait la Saint Valentin pour rire, ensemble au bord d'une piscine-jacuzzi, en lisant des romans lestes. On papotait des heures devant une table raffinée, en dégustant un vin délicieux, son pied en chaussette niché entre mes cuisses. Il avait de la conversation. Normal pour un député...
Il a passé deux jours chez moi avec son fils. On a rédigé l'itinéraire de notre voyage en Espagne pour les grandes vacances. Ils sont partis : j'ai attaché la ceinture de sécurité de l'enfant. Je les ai embrassés. C'était la dernière fois que je les voyais.
Le lendemain soir, je lui ai dit que je sortais avec un autre, dont il connaissait l'existence.  
Il m'a appelée pour savoir si mes enfants étaient bien rentrés.
Le soir suivant, rien.
Le mercredi matin, un SMS. Je me faisais jeter.
En tout, ça n'avait pas duré plus de 6 semaines.
Il m'a fallu 6 mois pour m'en remettre.