23.10.2007
Allumez donc les illustres
Il avait une voix si sexy, au téléphone. Je me dorais les oreilles dans sa voix et dans ses rires. Il venait de quitter sa femme, ou plutôt, elle venait de tourner les talons avec leur jeune fils, après lui avoir demandé s'il pouvait lui laisser la maison pour la soirée, à elle et son amant.
Libéral ? oui. Mais y'a des limites. Il a refusé.
Donc, ç'a été la fin.
Oh, c'était tout frais, à peine un mois et demi. Mais il avait créé sa fiche sur un site le lendemain de son départ.
Ce que j'ai aimé notre premier contact au téléphone. C'était si bon, si gai. Il disait qu'il n'était pas bricoleur, je me lamentais pour de faux.
On s'est rencontrés, et après quelques contre-temps, on est devenus amants.
J'ai aimé ça. J'ai aimé son parfum, et par-dessus tout traquer l'enfant qui transparaissait en lui, sous certains angles, dans un regard, un geste, un enthousiasme. Oui, j'avais beaucoup de sentiments pour lui.
Puis, il y avait ses paradoxes. Il disait que je ne correspondais pas à son type de femme, mais il m'appelait tous les soirs pendant des heures, et on multipliait les SMS, et il me parlait de son fils.
Mais il parlait aussi libertinage, et évoquait d'autres femmes. Qu'il voyait, enfin, pas depuis quelques temps. Trop occupé. Mais moi aussi, je voyais d'autres hommes, il le savait.
On passait la Saint Valentin pour rire, ensemble au bord d'une piscine-jacuzzi, en lisant des romans lestes. On papotait des heures devant une table raffinée, en dégustant un vin délicieux, son pied en chaussette niché entre mes cuisses. Il avait de la conversation. Normal pour un député...
Il a passé deux jours chez moi avec son fils. On a rédigé l'itinéraire de notre voyage en Espagne pour les grandes vacances. Ils sont partis : j'ai attaché la ceinture de sécurité de l'enfant. Je les ai embrassés. C'était la dernière fois que je les voyais.
Le lendemain soir, je lui ai dit que je sortais avec un autre, dont il connaissait l'existence.
Il m'a appelée pour savoir si mes enfants étaient bien rentrés.
Le soir suivant, rien.
Le mercredi matin, un SMS. Je me faisais jeter.
En tout, ça n'avait pas duré plus de 6 semaines.
Il m'a fallu 6 mois pour m'en remettre.
14:15 Publié dans VQ | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rencontre, libertinage, partage, paradoxe


